Travail à domicile indépendant : quel statut juridique choisir selon votre projet ?
Travailler de chez soi en indépendant, sur le papier, ça fait rêver. Le café encore chaud sur le bureau, pas de transport, le chat qui passe devant l’écran pendant un call. Et puis très vite, une question arrive, souvent un dimanche soir, un peu trop tard : “Ok, mais je choisis quoi comme statut juridique ?”
Et là, ça se complique. Micro-entreprise, EI, EURL, SASU… Ça sonne comme des cases administratives sans âme, alors que derrière, il y a ton projet, ton revenu, parfois ton futur loyer.
Je me souviens d’un freelance à Lyon, graphiste, très bon, qui avait lancé son activité depuis son salon. Il avait trouvé ses premiers clients grâce à des plateformes et des ressources comme https://boulot-a-domicile.fr, mais il avait choisi son statut un peu à l’arrache. Résultat ? Un plafond dépassé trop vite, des cotisations mal anticipées, et cette impression désagréable de courir derrière l’administratif. Autant éviter ça, non ?
Avant de choisir un statut, pose-toi les vraies questions
Avant de parler de sigles et de formulaires, soyons clairs deux minutes. Le bon statut dépend surtout de ton projet. Pas de ce que ton cousin a fait, ni de ce que “tout le monde recommande”.
Demande-toi franchement :
- Tu veux tester une idée ou construire quelque chose de solide sur plusieurs années ?
- Tu penses gagner 500 € par mois… ou viser 3 000 € rapidement ?
- Tu travailles seul ou tu imagines déjà t’associer ?
- Tu es allergique à la paperasse ou juste un peu fâché avec Excel ?
Ces réponses changent tout. Vraiment.
La micro-entreprise : simple, rapide… mais pas magique
C’est souvent le premier réflexe. Et je comprends. La micro-entreprise, c’est simple, rapide, presque rassurant. Inscription en ligne, peu de compta, des charges calculées sur ce que tu encaisses. Si tu bosses depuis ton appartement, en rédaction, en support client, en coaching ou en e-commerce léger, ça fait le job.
Perso, je trouve que c’est parfait pour :
- tester une activité sans pression
- un complément de revenu
- un projet solo, sans gros frais
Mais attention. Le plafond de chiffre d’affaires arrive plus vite qu’on ne le croit. Et puis, pas de déduction de charges réelles. Ton loyer, ton matériel, ton logiciel à 79 € par mois ? Nada. Ça peut piquer quand l’activité grandit.
L’entreprise individuelle (EI) : plus de liberté, un peu plus sérieux
Depuis la réforme, l’entreprise individuelle est devenue plus intéressante, et je trouve qu’on n’en parle pas assez. Elle permet de sortir du cadre “micro” tout en restant seul maître à bord. Tu peux déduire tes charges, avoir une vraie comptabilité, et séparer ton patrimoine perso de ton activité pro (et ça, c’est rassurant quand on dort la nuit).
C’est souvent un bon choix si :
- ton activité à domicile génère déjà un chiffre stable
- tu as des frais réguliers (outils, pub, matériel)
- tu veux quelque chose de durable sans créer de société
Oui, il y a plus de paperasse. Mais honnêtement, avec un bon comptable, ça se gère. Et le gain en crédibilité peut valoir le coup.
EURL ou SASU : quand le projet devient vraiment pro
Là, on change de catégorie. EURL ou SASU, ce sont des sociétés. Une vraie structure, même si tu travailles en chaussons dans ton bureau. C’est plus cher à créer, plus encadré, mais aussi plus solide.
Je dirais que c’est pertinent si :
- tu génères déjà un bon chiffre d’affaires
- tu veux optimiser ta rémunération
- tu envisages de grossir, embaucher, ou lever des fonds
Entre EURL et SASU, le débat est sans fin. Protection sociale, fiscalité, dividendes… Honnêtement, à ce niveau-là, un conseil personnalisé vaut mieux qu’un avis général. Mais une chose est sûre : ce n’est pas pour “tester une idée sur un coin de table”.
Et le portage salarial dans tout ça ?
On me pose souvent la question. Le portage salarial, c’est confortable. Tu travailles depuis chez toi, tu factures via une société, tu es salarié. Zéro gestion, zéro stress. Mais ça a un coût, parfois 10 % à 15 % de ton chiffre.
Je trouve ça intéressant pour :
- les consultants
- les profils seniors
- ceux qui veulent la sécurité avant tout
Mais si ton objectif est de construire ton propre business, ce n’est pas toujours la meilleure option sur le long terme.
Conclusion : le “bon” statut, c’est celui qui sert ton projet
Il n’y a pas de statut parfait. Désolé. Il y a juste un statut adapté à un moment donné. Et bonne nouvelle : tu peux en changer. Beaucoup commencent en micro, évoluent en EI, puis créent une société. C’est normal. C’est sain, même.
Alors pose-toi, prends un café, regarde tes chiffres, tes envies, ton énergie. Et choisis en conscience. Parce que travailler à domicile en indépendant, c’est déjà un sacré pari. Autant ne pas se tirer une balle dans le pied dès le départ, non ?
